Commune mixte de Haute-Sorne

L'héritage du Moyen Age

 
Au moment où il fait son entrée dans l'histoire à la faveur de l'acte pontifical précité, le village de Glovelier constitue une communauté d'une certaine importance, sur le point d'être érigé en paroisse. En 1161, on y trouve une église, fondée et construite grâce aux libéralités du sire Regner d'Asuel, seigneur territorial du lieu, vassal de l'évêque de Bâle. Le premier desservant (plebanus) de cette église s'appelait Alerin. Dès 1173, les sires d'Asuel renoncent à tous leurs droits sur l'église de Glovelier en faveur du chapitre de Saint-Ursanne qui renforce de cette façon sa mainmise sur une paroisse où il possède de grands biens. L'administration civile est représentée au village par le maire, notable placé à la tête de la communauté par le seigneur ou son représentant pour rendre la justice, prélever les impôts et les divers revenus du souverain. Le premier de ces hauts personnages qui nous soit connu s'appelle Conon : en 1180, il appose sa signature sur un acte par lequel l'évêque de Bâle Henri de Horbourg confirme au prévôt de Saint-Ursanne son droit de fondation sur l'église de Glovelier.
 
En 1241, Glovelier qui jusqu'alors relevait au temporel des sires d'Asuel, passe sous la juridiction directe du prince-évêque de Bâle après rachat par ce dernier de la seigneurie d'Asuel. Dès lors, il fait partie de la grande mairie ou châtellenie de Delémont dont il est un des "Treize francs-villages" avec Bassecourt, Boécourt, Courfaivre, Courtételle, Bourrignon, Pleigne/Movelier, Develier, Roggenbourg, Courroux, Vicques, Rebeuvelier et Undervelier. Ces communautés jouissaient de droits et de franchises étendus, en vertu de rôles reconnus et approuvés à plusieurs reprises par leurs seigneurs territoriaux. intéressés.
 
 

 

Ces rôle ou chartes furent établis dans leur version définitive en 1561 lors d'une conférence tenue à Delémont entre les représentants de l'évêque Melchior de Lichtenfels et les maires jurés de chacun des villages. Sous ce régime propice au développement de l'autarcie et de l'autonomie locale, Glovelier prospère et s'affirme : en plus de son maire, il a son "ambourg" ou président de bourgeoisie et son conseil de "jurés". La population de la commune qui regroupe alors, en plus du village proprement dit, les hameaux de Sceut, Saulcy et Foradrey et les métairies de Glassenal, la Combe, la Rochette et Moébrez, passe de 150 âmes à la fin du Moyen Age à près de 300 au XVIe siècle. Comme partout ailleurs, on y mène une vie paysanne et artisanale, rythmée par les dimanches et les nombreuses fêtes chômées.