Commune mixte de Haute-Sorne

Les mutations du XXe siècle

        

C'est pourtant durant cette période navrante que Glovelier entre dans l'ère des communications modernes avec l'arrivée à ses portes du chemin de fer, dont l'avènement bouleverse complètement le cadre de vie traditionnel de la population. Réclamée depuis des décennies par les Jurassiens qui voient l'économie de leur pays s'asphyxier lentement, la réalisation du réseau jurassien s'est trouvée accélérée par l'annexion en 1870 de l'Alsace à l'Empire allemand, qui fit de Delle l'aboutissement du réseau français de l'Est. En 1872 est ouverte la liaison Porrentruy-Delle; deux ans plus tard, c'est le tour de celle de Bienne à La Chaux-de-Fonds par Sonceboz. En 1875, Delémont est relié à Bâle. L'année suivante, la ligne atteint Glovelier où le percement de la montagne en direction de Saint-Ursanne bat son plein. En 1877 enfin est inauguré le dernier tronçon Glovelier – Saint-Ursanne – Porrentruy. L'ouverture en 1904 de la ligne régionale vers Saignelégier confirmera Glovelier dans sa vocation de plaque tournante au cœur du Jura.
 
 
Dès lors, le centre de gravité du village, axé jusque-là sur les routes menant à Saulcy et à la Roche, se déplace en direction de la gare où se bâtit un nouveau quartier et se développe une première zone industrielle avec l'implantation en 1905 d'une entreprise de transformation du bois qui se spécialisera dans la production de traverses pour chemins de fer. Néanmoins, à la différence de Bassecourt et de Saint-Ursanne, ses voisines, qui utilisent son réservoir de main-d'œuvre, la commune de Glovelier ne connaîtra son véritable démarrage industriel qu'après la seconde guerre mondiale. Les années 1950 à 1970 sont en effet marquées pour elle par un recul très net de la population occupée dans le secteur primaire (agriculture, sylviculture) : elle passe de 24 % à 9 % au profit des secteurs secondaires et tertiaire qui occupent respectivement 69 % et 22 % des actifs. Ces derniers représentent 47, 5 % de la population résidente – qui s'élève alors à 997 âmes -, soit un taux supérieur d'un demi-point à la moyenne jurassienne. L'implantation sur place d'un certain nombre d'entreprises dans les années 1960-1970 a stabilisé le taux net d'émigration des travailleurs à 16,6 % en 1970.
 
 

 
Placé en plein cœur de la République et Canton du Jura, en souveraineté depuis le 1er janvier 1979, Glovelier a su mettre à profit sa position géographique pour assurer son développement, en dépit des crises successives qui ont marqué la fin du XXe siècle A la différence d'un grand nombre de communes jurassiennes, très éprouvées par la récession économique, Glovelier parvient à se maintenir dans le peloton de tête des communes qui voient croître leur population (+ 6,9 % de 1992 à 2002). La construction de la route Transjurane et sa mise en service à l'automne 1998 ont eu pour effet de dynamiser sa zone industrielle et de favoriser la mobilité des biens et des personnes avec les principaux centres d'activité du pays.
 
 
A l'aube du XXIe siècle, Glovelier apparaît comme l'un des pôles en devenir de la microrégion Haute-Sorne. Pour lui, l'avenir a déjà commencé.