Commune mixte de Haute-Sorne

Les temps modernes

        

 
Bien qu'il fît partie du ban de Glovelier, le hameau de Saulcy possédait au XVIe siècle son propre conseil bourgeois. Après un premier procès en 1634, les deux communautés parvinrent le 19 mai 1648 à un accord définissant le territoire de chacune et les bornes furent posées le 6 octobre. Séparé de Glovelier au civil, Saulcy lui restait pourtant uni au spirituel. La distance à parcourir pour se rendre à l'église par des chemins difficiles, surtout en hiver, motiva en 1726 une première demande de ses habitants à l'évêque de Bâle afin qu'on bâtît chez eux une chapelle.

        

Outre les querelles avec les chanoines de Saint-Ursanne pour des questions de gros sous, la communauté de Glovelier a maille à partir avec l'abbaye de Bellelay dont les terres jouxtent les siennes au sud. Fondé en 1136, le couvent des Prémontrés a fait l'acquisition à Glovelier de propriétés si importantes qu'elles ont fini par donner lieu, au début du XVe siècle, à un procès à propos des limites de leur territoire respectif. L'évêque de Bâle dut intervenir lui-même, en nommant des arbitres qui placèrent les bornes.

        

 
Ce projet rencontra l'opposition tant du chapitre de Saint-Ursanne que du curé et des paroissiens de Glovelier qui avaient consenti, trente ans plus tôt, de gros sacrifices pour rebâtir leur église. Le petit édifice roman du XIIe siècle, très obscur, avait en effet été remplacé entre 1681 et 1690, par une construction de style gothique, plus spacieuse et mieux éclairée. Les habitants de Saulcy revinrent à la charge en 1746, puis en 1748. Ce n'est finalement qu'en 1755 qu'ils obtinrent gain de cause, à la condition qu'ils continueraient d'appartenir à l'ancienne paroisse. La séparation définitive des deux communautés n'intervint sur ce plan qu'en 1802, sous le régime français.
 

 
Sa position centrale, à l'intersection des routes de la Montagne, de la Vallée et de l'Ajoie fait de Glovelier un important lieu de passage. Une telle position est toutefois très inconfortable en cas de conflits armés. Les gens qui vivaient à Glovelier au XVIIe siècle en firent l'amère expérience. Lors de la guerre de Trente Ans qui embrasa la moitié de l'Europe entre 1618 et 1648, l'Evêché de Bâle eut énormément à souffrir du passage successif sur son territoire des troupes impériales et suédoises. Glovelier subit alors d'effroyables dommages : en plus des atrocités commises sur les personnes, le bétail fut enlevé, les denrées volées, les maisons incendiées. Le pays fut ruiné pour plusieurs années. En 1674, la conquête de la Franche-Comté par la France amena une nouvelle fois à Glovelier des bandes armées qui rançonnèrent et pillèrent le village.
 

 
Mais Glovelier vit aussi passer, et parfois s'arrêter, de plus brillants équipages. A plusieurs reprises, les Etats de l'Evêché choisirent de siéger en ce lieu, en 1680 et 1704 notamment. Le 27 avril 1792, Joseph de Roggenbach, dernier prince-évêque de Bâle, traversa la localité sans y faire halte : il venait de quitter sa résidence de Porrentruy devant la menace d'invasion française pour se réfugier à Bienne. La Révolution venait de commencer dans l'Evêché.