Commune mixte de Haute-Sorne

Commune

        

Repères

Origine Une bulle du pape Eugène III, disciple de Saint Bernard, datée de 1148, mentionne le domaine de "Curti Sulza". En 1350 : Suce, en 1389 : Sultze, en 1400 : Soutz, en 1407 : Sutze.
Altitudes Point culminant, crête de "Sur la Chèvre, 1150 mètres. Le village est à 610 mètres.
Superficie 1'090 hectares de forêts et pâturages boisés; 360 hectares cultivables et 22 hectares divers. Soit 1'472 hectares.
Fermes Pré-de-Vigne; Domont; Folpotat et Boiraderie; loge à bétail du Droit de Soulce
Population En 1850, 441 habitants. En 1900, 394 habitants. En 1980, 214 habitants. En 2009, 250 habitants.
Bourgeois Beuchat, Crétin, Domon, Nicol, Prince, Schaffter, Tendon, Troxler. Commune bourgeoise devenue mixte en 1867.
Paroisse Edifiée en 1802 et dédiée à Saint Laurent.
Ruisseaux Le Folpotat, Creux de la Géline, En Teverre.
Sobriquet Les "Roquets" Surnom : Soulçattes, Soulçais
Curiosités Le canal du Vieux Moulin; église; anciennes maisons typiques; une nature encore intacte, riche et variée.
Classement Site rural classé d'importance nationale, sous protection de la confédération; seul village jurassien classé en catégorie ISOS A.

        

Approche

Les villages sont parfois comme les gens : ils ne se livrent pas au premier regard. Pour les découvrir, il faut les approcher à pas mesurés.

- C'est encore loin, Soulce ?
 
On s'étonnait, depuis le temps qu'on remontait le cours du ruisseau, de ne pas apercevoir encore les maisons, et du chemin qui n'en finissait pas, d'un bouquet d'arbres à l'autre.

- Mais non, c'est juste là !
 
L'homme pointait le doigt vers un monticule :
 
- Vous avez tout votre temps...
 
Le dernier rideau d'arbres franchi, le village apparaît dans le creux du vallon qui s'est élargi pour lui laisser la place : maisons bien rassemblées, d'où émerge l'église, au flanc de la colline, alignement à peine rompu des toits dans le damier clair des champs et des prés. Plus haut, les pâturages parsemés de boqueteaux, jusqu'aux lisières des forêts, aux verts moins tendres, plus loin et encore plus haut. Premier coup d'oeil, premier coup de coeur dans la lumière rutilante de l'été, pour ce bout du monde dont le dictionnaire géographique n'a trouvé que dix mots à écrire : Soulce, canton du Jura, district de Delémont, altitude 650 mètres....

Une rue qui longe le ruisseau, le Folpotat au nom étrange (mais qui n'a de sud-américain que la consonnance), une autre sagement parallèle : on a presque fait le tour du village. Les maisons ont gardé leur visage du temps passé, façades au crépi rude, large pan de toit qui plonge vers le sol et donne naissance au "devant-huis", espace rassurant des vieilles demeures. Au fil du temps, les habitations nouvelles ont fait leur place, sans trop grand outrage à l'ensemble. Un détail, parfois, accorche le regard : le bassin d'une fontaine, un cartouche ciselé au linteau d'une porte, les vieilles tuiles centenaires, une girouette, obstinément figée au nord...

Au fronton d'une porte, une croix, des initiales, une date, celle de l'an mil sept cent quarante-sept, temps oublié, immobile dans la pierre, impassible au passage des ans, au rythme lent des saisons.

Comment résister, dans un siècle de verre, de béton et d'acier, comment résister au charme touchant de Soulce ?
 
                                                                                                                                                            Denis Moine
 
 

Illustres ressortissants de Soulce

Il convient de citer quelques ressortissants de Soulce qui se sont distingués dans l'histoire du pays. Le 4ème abbé de Bellelay, Henri 1er (1237 à 1256) était originaire  de Soulce. C'est sous son abbatiat que fut passé un accord entre le couvent de Bellelay et Hugues de Buix, au sujet de terrains situés à Courtemaîche, en 1244; ce document est le plus ancien texte écrit en français et conservé en Suisse romande.

Un autre religieux de Bellelay était originaire de Soulce, le Père Laurent Beuchat; il y est né le 28 mars 1762 et décédé à Courrendlin le 11 octobre 1836. Après avoir été professeur de théologie au collège de Bellelay, il devient le 1er curé de Soulce en titre et fait construire la cure. Les initiales de son nom sont inscrites dans un catouche gravé sur le linteau de la porte de la cure, avec la date de construction "L1802 B".

A la fin du XVIIe siècle, Pierre Nicol, fils de Fridolin, s'installe au moulin des Vauches à Porrentruy; le 15 mai 1962, il épouse Jeannne Jacquat d'Undervelier. Leur petit fils Jean-Jacques-Joseph Nicol devient le maître cordonnier et écrit ses notes et remarques. Un autre de leurs petits-enfants, François André Nicol, devenu caporal du régiment d'Eptingen enrôlé au service du roi de France, se marie en France; parmi sa descendance on trouve Jeanne Maillot qui fur la mère du général de Gaule.

Plus proche de nous, Charles Beuchat (1900-1981), le distingué professeur de l'Ecole cantonale à Porrentruy, à la chevelure blanche et soignée, est ressortissant de Soulce. Il a demandé à reposer dans le cimetière de son village. Ses attaches avec Soulce lui ont inspiré un beau livre qui a pour titre "Terre aimée" publié en 1958. Charles Beuchat y raconte, comme il savait conter, l'histoire des paysans qu'il a connus dans son enfance à Bourg-la-belle, comme il appelle son village natal. Le héros du récit, Jean Desroches, paysan, travailleur et ouvert au progrès, marié à Francine Bourdon, qui lui donne cinq enfants, défriche la bonne terre sur laquelle il rêve de construire une ferme, qu'il appelle d'abord Beauregard, puis Bonne-Terre. Les aînés de Soulce peuvent certainement se reconnaître dans les belles pages du récit de Charles Beuchat. L'auteur magnifie leur amour du terroir et révèle leurs racines profondes plantées dans cette bonne terre de Soulce.

François Noirjean/ Soulce Société de développement et d'embellissement, 1999
 
Autres personnages :
 
Colonel Paul Domon (1894-1966), Jeanne Bourquenez-Crétin (1909-1999), Camillo (1934), François Beuchat ( 1940), Jean-Claude Prince (1947), Pierre-André Marchand ( 1950)